Cas concret CFD n°3 — Hélice avion CFD : croisière et point fixe
Une hélice de 1,80 m à 1 000 tr/min

En vol à 200 km/h, puis moteur plein gaz avion à l'arrêt : deux écoulements qui n'ont rien en commun.

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Hélice avion CFD : la même hélice simulée en croisière et au point fixe

Cas concret CFD n°3 sur 8. Les images de cette page sont des copies d'écran du banc Outil CFD HELICIEL (extension PRO CFD/BEM), prises sur un cas réel calculé de bout en bout : aucun chiffre n'est inventé, chaque valeur vient du calcul ou du concepteur Heliciel. Aucune connaissance de la CFD n'est nécessaire pour lire cette page.

Une hélice d'avion vit deux vies, et la CFD les montre toutes les deux. En croisière, elle travaille dans un vent de 200 km/h qu'elle n'accélère que légèrement. Au décollage, freins serrés, elle doit aspirer un air immobile et le projeter derrière elle. Le concepteur Heliciel la dimensionne pour la croisière ; ce cas concret montre, avec le banc CFD (Computational Fluid Dynamics, simulation numérique de l'écoulement), ce qu'elle fait réellement dans les deux situations. Les images se suffisent presque à elles-mêmes.

hélice avion CFD au point fixe : lignes de courant aspirées de toutes les directions
Au point fixe, l'hélice aspire l'air de partout : les lignes de courant arrivent de côté, de l'arrière, s'enroulent, et ressortent en un jet concentré. Une image impossible à obtenir autrement qu'en CFD.

  1. L'hélice et ses deux points de fonctionnement
  2. L'hélice d'avion en CFD en croisière : un écoulement presque uniforme
  3. L'hélice d'avion en CFD au point fixe : l'aspiration et le jet
  4. Les forces, comparées au concepteur
  5. Ce que voit le calcul : le maillage de la pale
  6. À retenir

1 : L'hélice et ses deux points de fonctionnement

Diamètre1 800 mm, moyeu ∅ 306 mm, 7 pales
Régime1 000 tr/min dans les deux cas
Air1,012 kg/m³ (altitude modérée)
Vitesse en bout de pale94 m/s en rotation seule ; 110 m/s en croisière, vent compris (Mach 0,32)
Cas 1 — croisièreavion à 56 m/s (202 km/h)
Cas 2 — point fixeavion à l'arrêt (0 m/s)

Le concepteur Heliciel, par sa méthode des éléments de pale (BEM), annonce pour la même hélice : 1 186 N de traction en croisière pour 805 N·m de couple, et 1 105 N au point fixe pour 895 N·m. Presque la même traction, mais plus de couple à l'arrêt : la pale, dessinée pour la croisière, travaille à trop forte incidence quand l'avion n'avance pas.

2 : L'hélice d'avion en CFD en croisière : un écoulement presque uniforme

Le cas de croisière a été maillé au préréglage Level 5 (394 000 cellules, 21 minutes) et calculé en 1 min 51. Voici ce que montre le banc :

hélice d'avion en croisière : pression sur les pales et lignes de courant rectilignes
En croisière, les lignes de courant traversent l'hélice presque droites : l'avion avance à 56 m/s, l'hélice n'ajoute que quelques mètres par seconde. Les bords d'attaque sont en rouge (surpression), le reste des pales en vert-jaune.

coupe verticale de vitesse autour d'une hélice d'avion en croisière : champ quasi uniforme et sillage du moyeu
Coupe verticale de la vitesse, vue de côté. L'orange uniforme, c'est le vent de 56 m/s qui remplit tout le domaine. La seule marque visible est le sillage du moyeu, en bleu-vert : l'air ralenti derrière le nez de l'hélice. Le jet des pales existe mais se noie dans le vent.

dos des pales d'une hélice d'avion en croisière : dépression bleue sur l'extrados
Vue de l'avant de l'avion. Le dos des pales est bleu, en dépression : c'est la face qui tire. Le nez du moyeu est rouge : l'air vient buter dessus à 56 m/s.

face arrière des pales d'une hélice d'avion en croisière : surpression sur les bords
Vue de l'arrière. La face qui pousse est en vert-jaune, avec un liseré rouge le long du bord d'attaque. Peu de contraste : en croisière, la pale est peu chargée, comme il se doit.

3 : L'hélice d'avion en CFD au point fixe : l'aspiration et le jet

Même hélice, même régime, avion immobile. Le calcul a été mené au préréglage Level 3 (177 000 cellules, 10 minutes de maillage), avec cette fois les deux phases : l'hélice figée d'abord (1 min 18), puis l'hélice qui tourne réellement (18 minutes). Le point fixe est un écoulement difficile : rien ne vient de l'amont, tout est créé par l'hélice.

coupe verticale de vitesse d'une hélice d'avion au point fixe : jet annulaire rouge et zone de retour bleue
Coupe verticale de la vitesse au point fixe. Cette fois le champ est vert (air au repos) et l'hélice y creuse deux structures : un jet annulaire rouge à plus de 20 m/s derrière les pales, et au centre une large zone bleue d'air très lent, derrière le moyeu, que les pales ne mettent pas en mouvement. Le jet utile est un anneau, pas un cylindre plein.

coupe normale au flux derrière une hélice d'avion au point fixe : empreinte des sept pales
Coupe perpendiculaire à l'arbre, juste derrière l'hélice, à un instant de la rotation réelle. On lit l'empreinte des sept pales : sept taches rouges d'air projeté, séparées par des zones plus lentes. Une image d'hélice qui tourne, pas d'hélice figée.

4 : Les forces, comparées au concepteur

Croisière 56 m/sPoint fixe
Traction, concepteur (BEM)1 186 N1 105 N
Traction, CFD hélice figée792 N (−33 %)1 001 N (−9 %)
Traction, CFD hélice qui tourne (moyenne)—820 N (−26 %)
Couple, concepteur (BEM)805 N·m895 N·m
Couple, CFD hélice figée630 N·m (−22 %)798 N·m (−11 %)
Puissance à l'arbre, CFD66 kW84 kW

panneau de résultats CFD de l'hélice d'avion en croisière
Le panneau de résultats du cas de croisière : 792 N sur les pales, 630 N·m, 66 kW à l'arbre, rendement propulsif 0,67. Au-dessus, la référence du concepteur.

panneau de résultats CFD de l'hélice d'avion au point fixe : traction, couple et puissance à l'arbre
Le panneau du point fixe, après la première phase : 1 001 N sur les pales, 798 N·m, 83,5 kW à l'arbre. Le rendement propulsif vaut zéro, puisque l'avion n'avance pas. C'est la valeur de l'hélice figée : la traction à retenir au point fixe est celle de la seconde phase, plus bas.

Trois lectures utiles au bureau d'études :

La seconde phase donne aussi le rythme de l'hélice : 116,7 Hz de fréquence de passage des pales (7 pales à 16,7 tours par seconde), et cette fois la raie de passage domine le bruit large bande de 2,4 dB, alors qu'elle restait 12 dB en dessous sur l'hélice de bateau. Une hélice d'avion au point fixe est une machine bruyante, et le calcul le dit.

5 : Ce que voit le calcul : le maillage de la pale

Une case à cocher montre le maillage qui recouvre la pale. Il n'y a rien à régler, mais il est utile de le regarder une fois pour comprendre ce que « Level 5 » veut dire.

Maillage de surface des sept pales et du moyeu d'une hélice d'avion au préréglage Level 5, en gris texturé
Le maillage de peau au préréglage Level 5, en gris : les cellules sont trop fines pour être distinguées une à une à cette échelle, et on ne voit qu'une texture granuleuse sur les pales et le moyeu. Le resserrement sur les bords d'attaque, les bords de fuite et le moyeu, là où l'air change vite de direction, est décidé par le préréglage mais ne se lit pas ici sans zoom.

6 : À retenir

Les cas concrets CFD

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  1. Comprendre un résultat CFD en cinq images
  2. Hélice bateau CFD : poussée et pression sur les pales
  3. Hélice avion CFD : croisière et point fixe (vous êtes ici)
  4. Hélice drone CFD : vol stationnaire
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Ces cas concrets accompagnent les didacticiels de conception Heliciel, qui traitent la partie BEM : conception de la pale, choix du régime, courbes de performance. Pour aller plus loin dans la méthode, la collection technique reste disponible.